Duck and cover
N'importe quel japonais vous le dira, votre survie lors d'un tremblement de terre dépend de votre rapidité à vous mettre à couvert.Je dis japonais parce que je ne lésine pas sur les poncifs, en fait n'importe quel connard moyen vous l'dira, pour peu qu'vous soyez assez bête pour lui demander.
Même moi je le sais.
Mon premier tremblement de terre remonte a 1992.
Son épicentre était en Alsace, j'étais dans le 9.3 (la seine saint-denis koi), il était (très) tôt le matin, je rentrais d'une fête arrosée, et alors que je méditais allongé sur mon lit, j'ai ressenti une très légère vibration du sol pendant deux ou trois secondes.
Ça a bien occupé le reste de ma nuit à essayer de déterminer si le Haig tonic donnait ce genre de symptômes, ou si c'était un tremblement de terre, ou le voisin du dessous qui s'était déchiré le colon en lâchant la plus grosse caisse de l'univers.
J'étais pas peu fier le lendemain d'apprendre que c'était effectivement un séisme, de magnitude que-dalle dont l'épicentre était a environ 500 km de mon lit.
Je devais être le seul surhomme au sens hyper développés à avoir ressenti les tremblements d'aussi loin.
Et puis j'étais dépucelé du séisme, et les japonais c'est des tafioles, un tremblement de terre c'est de la merde, mettez-m'en un par jour, quel rigolade.
Ouais...
Comme vous l'savez, le Kentucky, en plus d'être au coeur de la "bible belt", est également au milieu du couloir des tornades.
Si on rajoute les tempêtes de glace, de neige, et de toute la merde susceptible de tomber sur nos gueules, ça en fait un lieu plutôt hostile (selon mes critères parisiens), cependant, le Kentucky est d'habitude épargné par les séismes.
J'écris d'habitude, parce que vendredi dernier, a 4h40 du matin, là encore méditant allongé sur mon pieu, on s'est tapé un truc de magnitude 5.3 et on avait beau pas être à l'épicentre (situé du cote d'Evansville, Indiana où je déménage le mois prochain), ben ça fait drôle quand même.
La baraque toute entière a dansé une trentaine de secondes, j'entendais les murs gémir, percevais une ondulation totalement incongrue.
Aucune victime à déplorer, aucun dégât majeur, juste un gros trip un peu bizarre, et la certitude de n'avoir aucun sens de conservation, un instinct de survie proche du zéro absolu.
Pendant tout le temps de la secousse (et ça parait long), je n'ai pensé absolument à rien, l'esprit oblitéré par l'étrangeté de la situation. Pas pensé à mon ex ou mes mômes dans la pièce à coté, pas pensé à dégager rapido, pas pensé à qued'chie, et surtout pas pensé "duck and cover".
La musique du jour est un séisme qui ouvre une dimension nouvelle pour la chanson française, tiré de "l'homme à la tête de chou", tout dans ce morceau est remarquable, la précision de la narration, sa force d'évocation, les allitérations en "C" et en "S" et le désespoir hypnotique qu'elles laissent suinter, la musique qui colle au récit de façon bien moite, et enfin l'essence même du propos qui renvoie aux plus troubles et profonds cauchemars masculins.
Publicité