Vie pratique

Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 19:45
Bien que d'extraction urbaine, j'ai hérité de ma mère d'une belle paire de mains vertes (mon père, lui, m'a doté d'une belle paire de couilles, mais cela fera l'objet d'un post futur).
Les péripéties conjugales de ces derniers temps m'ont malheureusement empêchées de lancer un potager digne de ce nom dans un jardin qui, je vous le rappelle, est de taille conséquente.

Toutefois, j'ai quand même réussi à passer une bonne partie de l'été dehors, et ai lancé timidement une restauration de l'espace extérieur.

Souvenez vous, ami lecteur, tout a commencé par la découverte fortuite d'une brique sous le gazon.
Apres des heures de travail acharné, je mettais grossièrement à jour un chemin de briques centenaire qui desservait les deux entrées frontales de la maison, puis un autre formant un patio et menant au garage, du coté dorsale de ladite habitation.

Voila aujourd'hui ou ce projet en est :

Le chemin est intégralement dégagé de toute végétation, il ne me reste plus qu'à le nettoyer en profondeur afin d'éliminer la persistante couche de terre/poussière qui le recouvre encore. J'hésite cependant a utiliser le karcher (Sarko style), vu d'une, que les briques semblent assez fragile, et de deux, qu'il n'y a pas de joint entre chaque pierre, mais bien de la terre. Je crains que la haute pression ne déjoigne des pavés, et crée une couche de boue irritante.
Il me faudra peut être brosser individuellement et fortement chacune de ces putains de vieilles briques.

Par la suite, je suis à la recherche d'une solution pour pérenniser le tout (une espèce de vernis, ou quelque chose, je sais pas)

Concomitamment, je me suis lancé dans la déforestation de la partie "jungle" de notre back yard (derrière le garage), rendue infréquentable par les arbres poussant anarchiquement, et les serpents et autres détritus qu'abritait cette zone morte de notre domaine.
Il m'a fallu deux jours pour déboiser intégralement l'merdier, et deux autres pour brûler le produit de mon labeur.
C'était pas du boulot de tafiolle, en plus il a fallu s'équiper pour déjouer la perfidie des serpents, c'est donc en slip + cuissardes + gants de chantier, que je me suis attelé à la tache, mais finalement, le résultat est là : 
 Evidement, j'ai pas de photo "avant", imaginez juste un sous bois satanique à la place de ce petit morceau de jardin encore sauvage.
le trou carré dans le sol est le "firepit" ou j'ai brulé la vegetation diabolique


Entre le gazon arraché au chemin, et les feuilles (que je n'ai evidement pas brulées) arrachées à la jungle, je me suis vite retrouvé face à un probleme de déchets vegetaux.
Qu'à cela ne tienne, quelques palettes et quelques vis, et hop, je me dotais d'un vieux fantasme : un magnifique bac à compost, qui non content de recueillir les déchets vegetaux et légumiferes de la maison, me fournira bientot un compost top qualité, réduit d'ores et deja notre volume de dechets, et me pare d'une bien belle image de jardinier "ecolo-bio"



Bon, vous allez me dire que tous ces travaux virils requièrent plus certainement la paire de couilles mentionnée en attaque que les pouces soient disant verts hérites de ma génitrice. Certes, mais j'y viens, patience.

D'autres diront "on s'en fout de son jardin", et à ceux la je répondrai "moi non plus j'en ai rien a foutre de vos pauv'gueules bande de merdes".

Ceci étant précisé, laissez moi en venir à la partie floralo-fruitière de ce fascinant post.
Parce que quand même, notre domaine s'enorgueillit d'un magnifique hibiscus de près de 4 mètres de haut, d'un noyer qui aurait rendu ma mère gaga (les noix fraîches et la confiture de fraise, c'était son truc), d'un rosier que je trouve affreux et d'un arbuste de merde qui pousse comme de la mauvaise herbe et qui, d'après mon voisin, produit des baies dont on tire un vin que je soupçonne dégueulasse; mais rien de tout cela n'a été planté par nos soins.

A l'instar du chien pissant tout partout, il me fallait marquer mon territoire de mon empreinte. Armé de ma bêche et de quelques sacs de "mulch", je me suis donc mis en devoir de créer un parterre floral.

Celui-ci est divisé en deux parties : la partie droite est aérée et peu dense, les fleurs s'y épanouissent timidement, la partie gauche, en revanche, est mon "jardin darwinien". La lutte pour la suprématie y est féroce, les fleurs se poussent les unes les autres et rivalisent de vitesse pour gagner un terrain devenu rare. A ce jeu, les impatiens sont les grandes gagnantes et les pétunias paieront certainement leur fragilité de leur vie..

Enfin, les plus observateurs d'entre vous auront remarque  que le lit de fleurs est flanqué à ses cotés de deux intrigants buissons rampants (zoom)





Mais qu'est-ce donc ?











ZOOM ZOOM


Ceci n'est pas le produit d'une couille et d'une main verte, bien qu'en ayant forme taille et couleur, il s'agit en fait d'un bébé pastèque que je chérirai jusqu'à l'assiette.


Bravo à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu'au bout, ne vous réjouissez pas trop vite, je continuerai, en dépit de votre désinteret, de vous tenir informés des progrès de mon entreprise paysagiste.

E VIVA LA REVOLUCION (?????)

 








Par kikikentucky - Publié dans : Vie pratique - Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 05:04

baguette.jpg Le mot  "vacances" est un mot français. Pas de traduction disponible en américain.

Heureusement, je vis de temps en temps des vacances par procuration. Très exactement, 15 jours par an quand ma sœur institutrice et mon père retraité viennent me rendre visite.
Cette période bénie vient juste de se terminer, elle explique mon silence, trop occupé à vivre, j'attendais de repasser à ma vie d'amibe pour vous raconter.
Dans le détail, c'est rien d'extraordinaire, ces 15 jours se sont écoulés rapidement, sans évènement blogospherique majeur. Sauf que.

En bons français, ma sœur et mon père s'attendent à retrouver  la "french way of life" à tous les coins de rue. Et bien sûr, comme on est aux states et que tout y est possible, ils y arrivent à mon grand étonnement.
C'est ainsi qu'en quelques jours ils ont débroussaillé plus efficacement que moi en deux ans.
Notamment sur barstown road, où trône une épicerie fine "wine market" où l'on trouve du fromage, du saucisson et du vin, le tout hors de prix.
A leur demande, je gare donc la kikimobile devant l'échoppe, et nous pénétrons en force.

Mon père, dans le présentoir réfrigéré : "putain, 8$ le bout de roquefort, fouaiaia"
Ma sœur dans le présentoir réfrigéré, brandissant un morceau de plastique orange emballé dans du plastique transparent : "c'est quoi ce truc tout kraspek ?"
Moi, dans le présentoir réfrigéré "C'est du fromage américain"
- sans déconner ?
- si j'te jure
Mon père : "c'est du gouda congelé ?"
Nous tous : "hihihihihihihihahahahahAHAHAHAHA"
Puis en pagaille : "eh ils ont du fromager daphinois" "oh de l'emmental" "MERDE, du saucisson" "Comment ils font pour l'importer ces enculés ?" "vient on appelle le FBI" "c'est quoi ce truc?" "du salami italien"

etc etc ...

20 bonnes minutes à fourrer nos gros doigts dans tous les produits alors qu'en fait une seule chose nous interessait : le roquefort qu'on avait repérer à la première seconde.
A force de palabres, on tombe d'accord, mon père raque le roquefort a 8$, je cuisine des escalopes (de poulet) en sauce avec des champignons, et ma sœur boit du rosé.
Mon père : "du rosé ? mais c'est dégueulasse" ma sœur : "ben moi j'aime ça, puis c'est du vin de pays de l'Oc" mon père : "ok, mais alors on prend trois bouteilles de rouge"
tout le monde en chœur : "OK"

Après avoir foutu un bordel bien franchouillard dans le magasin où trois vendeurs nous observent effarés et silencieux, on se pointe à la caisse.
Mon père : "bonjour"
Ma sœur : " mais t'es con, y comprennent pas"
Moi : "don't worry they are french"
Eux : "ah français ?" (genre ils avaient pas remarqué)
Moi : "ben oui, alors hop, fromage et rouge qui tache, comprenez ?"
- oui oui oui.
Moi : "ben manque plus que l'pain en fait (tas de sauvages incultes)"
Eux : "Ah mais on a du pain, juste ici."

Suivant leurs index, on arrive tous les trois devant le petit présentoir ou cinq morceaux de papier à la forme vaguement baguettale nous font de l'œil. Ni une ni deux, nous voila à tâter le membre, et là, les amis, sensation divine de la baguette croustillante qui crie sous la pression experte de nos mains tremblantes.
Pas possible.
Ça fait le même bruit que du pain français.
Estomaqués, on se regarde 20 secondes, et on dégaine chacun une baguette de son papier.
Pas de doutes, c'est doré, croustillant, bien moulé, ça sent bon. Damned, c'est de la putain de BAGUETTE.

Les jambes flageolantes, mon rythme cardiaque réglé sur speed metal, je demande à bout de souffle aux vendeurs "C'est qui votre fournisseur ? (avouez immédiatement bande de trous de balle ou je ne répond plus de rien)"
et de me répondre tranquillement  "la boulangerie le "blue dog" sur frankfort avenue."
Cherchant l'erreur mes yeux rencontrent ceux de la baguette, sur son tee-shirt est distinctement écrit "blue dog"
- C'est combien ?
- 2.75$"
Ma sœur est amoureuse du vendeur, je suis à deux doigts de m'allonger pour lui raconter mon enfance, et mon père trouve tout ça très normal.

J'vous raconte pas le festin royal qu'on s'est fait ce soir là. La France a brièvement conquis l'Amérique, on était les rois occupants le nouveau monde, et puis on est parti se coucher, les bidons tout tendus de plein de bon trucs qui nous auraient presque fait oublier le mac donald de midi.

La famille, c'est pas que des gens avec lesquels on évolue au mieux sans les avoir choisis, c'est surtout des petits moments de miracle, de la complicité au delà des mots, et une bonne bouteille de rosé d'oc de rouge.

free music

Par kikikentucky - Publié dans : Vie pratique - Voir les 14 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /2008 18:30
Je sais pas si vous avez remarqué, mais ça fait un moment que je ne nourris plus ce blog que de photos  et vidéos totalement hors de propos.
Où c'est donc qu'il a foutu sa verve ? vous-demandez vous.
Bon.
D'une, je fais ce que je veux de ma verve.
De deux, vous êtes mignons, mais je m'indigne pas à la commande, c'est que, voyez-vous, je ne suis qu'un apprenti polémiste, alors bon.
Ben oui, c'est qu'i' faut des sujets quand même.

Heureusement, l'actualité en ce moment est riche de trucs proprement tout scandaleux.

Tiens, par exemple.

l'aut'jour, j'étais au téléphone avec le daron, on papotait de tout et de rien, et d'un coup y'm'sort
-t'as reçu mon paquet ?
Moi :
- ben non
et la, hop, la factrice , surgie de nul part, me balance un colis format boite de chaussure dans la gueule, ou quasi.
- Ah, si en fait. Tiens, ton colis est couvert d'adhésif "opened by US customs service" ...

vous le voyez le ressort dramatique se mettre en place plus facilement que Rocco dans Clara ?

- Ouvre-le et dis moi ce qu'il y a dedans. J'attends au telephone.
Le ton, d'habitude jovial, de mon paternel était passé au registre "angoisse sourde", et j'entendais littéralement les gouttes de sueur perler de son front aristocratique.
Tout en me demandant si l'daron m'avait pas envoyé de la colombienne ou un pain de TNT, je me saisissais du poignard d'assaut cache dans ma botte, et entrepris d'autopsier le colissimo.
Assassinant le suspens en même temps que les bandes de scotch, j'énonçai en le découvrant le contenu du colis
- deux boites de pâtes de fruits,cinq paquets de chocolat noir (le père préfère le chocolat noir et oublie depuis 35 ans que je préfère le "au lait" ...) et ... ben c'est tout.
- Rah les enfants de salauds
- quoi ?
- ben y'z'ont piques le sauciflard ...
wanted.jpg Je vous épargnerai le reste de la conversation qui, après que j'ai poussé mon cri de bête blessée, s'est orientée vers une tentative informelle de détermination des préférences sexuelles des douaniers américains et de leurs ascendants sur plusieurs générations.

Mais ou c'est y qu'on y va donc si la première puissance mondiale a rien de mieux à foutre que dresser des chiens renifleurs de saucisson ?
Du poulet tandoori à la limite, je dis pas, mais quand même, du saucisson ...
Honnêtement.

Genre les terroristes envoient du saucisson piégé, ben voyons.
M'étonnerait  que Al Qaida ait créé une section charcuterie.
Non, mais quand même ...
Pis y z'en foutent quoi du siflard einh ?
Première solution, ils se le bâfrent accompagné du Ricard saisi par l'équipe du matin.
Dans ce cas, c'est purement et simplement du vol d'état.
Deuxième solution, ils le détruisent.
C'est encore pire.
Ça veut dire qu'ils ont une ligne de budget attribuée a des incinérateurs de saucissons.
Non mais imaginez ... voyez les nuisances pour les riverains bercés par l'odeur du saucisson calciné ?

Enfin bref, c'est du grand portanawak, et j'imagine que tu partages ma révolte, ami lecteur, aussi, je te propose de passer a l'action.
Je compte sur vous tous pour envoyer vos saucissons à l'adresse suivante :

Opération ' du saucisson dans ton cul à la maison blanche
Georges doubeulyou Bush
Maison blanche
Washington
United states of whatever





Par kikikentucky - Publié dans : Vie pratique - Voir les 11 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /2007 04:26
shopping.jpg Thanksgiving s'est bien passé.
Un rapide coucou à la belle-mère (de toutes façons la dinde était mangée quand on est arrivé)  et zou, nous quittions les tristes contrées des buveurs d'eau et autres sasquatchs pour rejoindre le foyer de beau-papa et belle-marâtre a Madisonville, Kentucky.
J'aime bien aller chez Bill (beau-papa).
Déjà, chez Bill, y'a de la bière plein les frigos, et des frigos plein la baraque.
Et puis dans le salon de Bill, ou plutôt, la TV room de Bill, y'a un fauteuil inclinable en cuir à télécommande.
Aller chez Bill, c'est l'occasion trop rare de passer une longue soirée vautré dans un pose-cul de première classe en zappant des heures durant sur les innombrables chaines du câble, en sirotant des bières et en bâfrant des chips.D'autant que Bill il se couche tôt, alors bien vite, je me retrouve seul devant la télé, rotant ma bibine et pétant tout mon saoul sur le cuir de vachette mexicaine.
C'est le bonheur du prolétaire.
Et puis ma femme aussi elle est contente d'aller chez Bill. Pas pour péter dans la tv room, mais parce que Bill est marié à Myra, qu'ils n'ont pas eu d'enfants et que Myra du coup, prend les gamins intégralement en charge pour les pourrir de sucreries, joujoux, bisous mouilles et tout ces trucs là.
Chez Bill, c'est le seul endroit où, ma femme et moi, sommes tous deux détendus, reposés, souriants et disponibles, au même moment.

Tout ça pour vous dire que le weekend, de thanksgiving était pas mal en fait.

Ben du coup, j'ai perdu le fil.
Ah oui.
Nous étions donc à Madisonville pour le "black friday", le lendemain de thanksgiving.
Le "black friday", c'est les soldes. ça dure une journée, voire moins, et ça commence tôt, voire très tôt.
Beaucoup d'enseignes ouvrent à 4h du mat' et ferment a 10h.
Par contre c'est pas des soldes toutes merdiques ou il te refourguent trois invendus deux dégriffés et les collections 1983, c'est de la solde à l'américaine, tout le magasin sacrifie a 60%, de la folie je te dis.
Le friday il est black parce que à l'ouverture des soldes, les bourriques piétinent ferme, du coup, les morts par asphyxie, compression ou perçage de crane au talon aiguille, se comptent par centaines.
Le "black friday", c'est l'hystérie.
Le "black friday" est un jour à passer en regardant la roue de la fortune sur le câble.

[...]

Houla, déjà minuit, demain, je me lève à cinq heure, désolé les gars, je vous réserve la suite pour demain sans fautes.

Par kikikentucky - Publié dans : Vie pratique - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /2007 17:21
phone.jpg Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Les américains ne sont pas tous des abrutis.
Mais quand même ....
Parfois j'me d'mande.
Faut dire aussi, je suis dans le Kentucky, fameux pour son bourbon et ses chevaux, cet état, par contre,  ne brille guère par son ouverture d'esprit ou l'excellence de son système éducatif.
Du coup, je me plais à penser qu'il y a ici une sur-représentation du redneck imbécile (du moins j'espère).

Mais pas de panique, j'ai un truc infaillible pour repérer les abrutis, et ne perds pas mon temps à discuter avec des boulets.
C'est très simple, le redneck imbuvable a une particularité bizarre, il ne comprend pas le français.
Attention, je ne parle évidemment pas de la langue française (qui je le rappelle, n'est parlée ici que par des grabataires ou des folles tordues), non, non, je parle du gars français. Le redneck ne comprend pas le français moyen (moi, par exemple), et je ne parle pas d'une compréhension socio-culturelle profonde, non, non, je veux dire qu'un abruti ricain "born and raised in Lagrange, Kentucky" ne comprend pas un mot de mon anglais pourtant subtilement racé et grammaticalement impeccable.

Ça donne ça :

- Redneck : eyh buddy, do you waging a whyl adntchoua walu awain ?
- Moi : Euh, sorry ? I couldn't understand what you have just said.
- Redneck : What was that ? (ou plutot "watwazat ?")
- Moi : I beg your pardon ?
- Lui : Duh, Wher'ya from motherfuckr ?
- Moi : Oh I'm sorry, I don't speak danish.

Sur cette estocade définitive, que mon opposant n'a pas l'imagination de comprendre, je tourne les talons et me drape de mon orgueil hexagonal pour classer l'bouseux dans la catégorie gros connard à éviter d'urgence.
Les dialogues de sourds ont été quotidiens avant que je ne me décidât a ne plus parler aux cons.
Cette incompréhension n'est pas le fruit de mon talent d'orateur très approximatif, ou de la pauvreté de mon vocabulaire, ni d'une fracture de la mâchoire ou d'une surdité partielle, c'est le fruit d'un refus plus ou moins conscient de percevoir le monde comme plus vaste que Berlin, Berlin, KY, bien sur.
Le redneck ne cherche ni à me comprendre, ni à se faire comprendre, il cherche juste à nous oublier, moi et mon accent exotique.

Si t'as pas l'accent du comté de Bullit, t'es un ennemi.

Bah, je dois au Kentucky de préciser que la réaction du con est universelle. D'où que vous veniez, et où que vous soyez, si votre interlocuteur ne cherche pas à vous comprendre, laissez tomber, c'est un connard. Des imbéciles heureux qui sont nés quelque part, y'en a partout.

Heureusement, 85% de mes conversations sont d'une fluidité quasi nickel et parfois d'un réel intérêt intellectuel.
Ne perdant plus mon temps a essayer d'établir la communication avec les primates, j'en arrive à ne plus parler qu'avec ceux qui, je pense, sont  les plus représentatifs de mes nouveaux compatriotes, je veux dire des ricain(e)s ouverts, curieux, sincères et amicaux.

Une autre catégorie d'interlocuteurs fera surement l'objet d'un billet  prochain , je veux parler bien sur des sympathiques vendeurs téléphoniques, mais j'y reviendra.



PS : Je dois  l'idée de cet article à la famille Gaillot, que je remercie au passage.
PS2 : Tiens à propos de Brassens, son dernier titre est en écoute gratuite ici, c'est une reprise de Diam's, mais ne vous arrêtez pas à ce détail, écoutez la version Brassens de La Vibe, c'est unique.

Par kikikentucky - Publié dans : Vie pratique - Voir les 21 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 21 septembre 2007 5 21 /09 /2007 07:37
biere.gif C'est à boire à boire à boire-euh,
c'est à boire qu'il nous faut oh-oh-oh-oooohhhh.
Bon, vous connaissez la chanson, bien typique franchouillarde.

Ici, à boire, ça suffit pas. Ben non, ici, oubliez l'idée de trouver un p'tit bar reculé avec rien d'autre qu'une cible a fléchettes, un juke-box qui marche pas, et une tripotée de gugusses fatigués qui se ressourcent dans leur demi.
Aux States, mes amis, le mot d'ordre c'est FUN FUN FUN.
Un bar qui ne proposerait rien de plus qu'un choix de spiritueux et une serveuse ménopausée est a ce point voué a l'échec qu'on imagine même pas que ça puisse exister.
Ici, mes amis, les bars c'est de l'entertainment-business et si vous n'aspirez a rien d'autre qu'a un peu de calme en dégustant votre bière, buvez dans vos chiottes.
Puis de toutes façons, ici, vous dégustez pas votre bière, ni votre whisky, ni rien d'autre. Vous avalez, vite et beaucoup, parce qu'ici on boit pas parce que c'est bon, on boit pour se saouler. Ou alors, on boit pas du tout. C'est en partie du au fait qu'effectivement, l'alcool made in US est pas très bon, mais pas seulement.
Par exemple, le cognac Hennessy est très a la mode auprès de la jeunesse "rap", mais on le noie dans le Pepsi, parce que sans Pepsi c'est "dégueulasse".
Pas le temps d'apprendre a savourer les bonnes choses, et même un bon vin fait pale figure puisqu'il lui manquera fatalement le bon pain et le bon fromage.
Bref, face a l'alcool, les ricains sont égaux a eux même, dans l'excès. C'est tout ou rien, pas de demie mesure.
Donc, disais-je, pour les bars, c'est pareil, et je vous propose afin d'illustrer mon propos, une petite visite virtuelle des quelques bars que j'ai eu l'occasion d'honorer de ma présence jusqu'à maintenant.

Le Granville Inn : C'est un vestige historique situé au cœur du vieux Louisville. C'est le bar se rapprochant le plus d'un bar "à la française" que j'ai pu trouver.
Repère des étudiants de la toute proche UofL, on y mange des hamburgers plus qu'honorables, que l'on pourra mouiller avec une Guiness pression.
L'atmosphère y est détendue malgré les 10 postes TV (dont un écran géant)qui diffusent 10 chaines différentes, sauf les soirs de match, ou la ferveur pour les Cardinals vous oblige a porter du rouge sous peine de passer une mauvaise soirée.
On y rencontre donc des étudiant(e)s, mais aussi, des quidams du quartier, qui profitent de la proximité pour se pinter tranquilou, a l'abri d'un DUI, souvent fatal au permis de conduire.
A noter tout de même, la présence envahissante des postes télé, m'a permis d'assister a mes premiers matchs de football, de base-ball, mes premiers championnats de fléchettes, de bowling, de poker, mais aussi mon premier bellyflop contest...

Le Magnolia (Magbar), est l'équivalent ricain de "l'alibi" (pour les pochtrons parisiens qui connaissent), c'est le bar "branché" dans lequel se retrouve la jeunesse "bobo-intello" des environs. Enfin bon, faut transposer, la jeunesse en question est bardée de tatouages et percings, arbore un look artistique douteux, et fait des études en criminologie (CSI Impact). Bien que me fondant difficilement dans le décor, mon accent et mon air vaguement européen me valent l'amitié immédiate de bon nombre de punkettes psychologiquement peu stables et passablement repoussantes (à de rares exceptions près).

Le Dejà-vu n'est pas à proprement parler un bar, c'est en fait un strip-club, situé au bout de ma rue et dont je vous ai déjà parler. Cependant, il est astucieusement doté d'une excroissance spiritueuse dans laquelle on peut siroter une bibine au prix normal, sans avoir à raquer outre mesure vu que le bar ne propose pas de "show". Enfin, officiellement, parce que c'est quand même le seul endroit que je connaisse ou l'on ait une chance d'assister a une cat fight entre danseuses nues et avinées pour le prix dérisoire d'une Bud lite. L'atmosphère y est franchement comique et sociologiquement très intéressante, cependant, depuis que la loi interdisant de fumer dans les bars est appliquée, je n'y vais plus. Avant ça sentait la clope, maintenant ça sent le cul sale et les pieds cuits ...

L'electric Cowboy est a réserver aux soirees entre mâles. On quitte le concept de bar pour entrer dans celui de club bien que la bière y soit vendue moins de 3$. Certes, le droit d'entrée est de 4$ pour les hommes, mais ça vaut l'coup, surtout le jeudi. Ce soir là, l'alcool est quasi gratuit pour ces demoiselles, ce qui permet au staff d'organiser avec succès les "girls' games" du jeudi. Traditionnellement, il s'agit d'un concours de strings. Enfin de strings ... en fait les strings en question, on s'en balance un peu, l'intérêt réside DANS le string, puisqu'il s'agit pour les bougresses intoxiquées de remuer du derche dans tous les sens en étant des plus "suggestives" (quoi que la culotte minimaliste laisse peu de place a la suggestion). Pour être franc, c'est un concours de culs, et il est pris très sérieusement par le troupeau d'étudiantes participant puisqu'il permet a la vainqueuse d'empocher 200$, au même titre que les combats d'oreillers d'ailleurs (sur ring et toujours en string, je vous assure que ça vaut le coup d'œil, surtout quand un poids lourd rencontre un poids plume). Une fois passés les girls' games, l'ambiance est loin de retomber, et ces demoiselles, gagnante et perdantes se mettent en quête du mâle reproducteur avec une frénésie inquiétante. C'est l'heure de s'accrocher a sa bière et de rester groupes, la chasse étant sans pitié.

Enfin, pour la bonne bouche, conclurai-je par le pub St Andrews, qui n'a d'irlandais que le nom et la déco. Bar typique du sud profond, c'est celui dans lequel j'échoue ma barque le plus souvent. Doté d'un juke-box si bien garni qu'il me laisse perplexe quelques heures, d'une petite scène sympa sur laquelle s'expriment quelques groupes de heavy metal locaux et de tables de billard qui appellent a la contemplation, ce petit pub attire tout ce que Louisville compte d'authentique cul terreux. Bikers, metal-fans et rednecks constituent l'essentiel de la clientèle. Et sous l'effet de l'alcool, la musique est rapidement couverte par des rires gras, et des éclats de voix magnifiques. Pour ne rien gâcher, la population féminine y est étonnamment séduisante. Rendez-vous des "petits culs gros nibards" en jean ultra moulant, on est loin de l'euphorie oppressante de l'electric cowboy, et c'est bel et bien tout les charmes de la tante Sam qui se dévoilent dans ce petit troquet type "sud profond" Vous vous souvenez de la cousine Daisy dans "Shérif fais moi peur" ? Ben c'est au Saint Andrews qu'elle buvait une Bud lite entre deux tournages. C'est simple, c'est blindé, de Daisy. Puis elles jouent au billard les Daisy. Et meme elles jouent contre des p'tits frenchies.

J'espère que ce rapide panorama vous aura donner envie de passer me voir, bon je vous laisse, Une Daisy doit m'attendre au billard.


Par kikikentucky - Publié dans : Vie pratique - Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire

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  •  Rien de ce que je peux écrire sur ce blog n'est a prendre au sérieux et/ou au premier degré
  •  L'absence d'accents m'agace autant que vous, pour l'instant c'est une contrainte incontournable[RESOLU] 
  • Je me réserve le droit de faire ce que je veux du contenu de ce site, vos commentaires inclus 
  • La mauvaise foi, l'outrance, la provocation, la méchanceté et la bêtise sont mes grandes passions mais elles cachent un petit cœur sensible qui bat tout comme le votre (portnawak) 
  • Je suis a peine responsable de mes actes, alors mes écrits .... 
  • Si ce préambule vous semble détestable, c'est par ici


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