Mardi 2 octobre 2007
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19:33

En Europe, on connait Willie Nelson pour sa
participation à
USA for Africa dans les années 80.
Ceux d'entre vous qui ont un discernement limité, l'ont peut-être vu interpréter l'oncle Jesse dans le
navet remake hollywoodien de "Shérif fais moi peur".
A part ça je suppose que son nom n'évoque pas grand chose.
Et bien figurez vous qu'ici, Willie est plus qu'une star, c'est une icône, un modèle, un saint..
La cote de popularité de ce texan est sans précédent, hormis
Bobby Ewing, nul natif de son état n'avais
jamais à ce point fait l'unanimité.
Mais à quoi donc est du un tel engouement ?
Ben ça c'est un peu le mystère, parce que dans le genre "grande gueule activiste touche à tout" il se pose là le Willie.
Sa carrière de chanteur country entamée dans les années 60 prend un tour plus militant dans les années 80 durant lesquels il commence à s'activer du caritatif. Fondateur de "Farm-aid", il met au
service de l'
agriculture son image de hippie troubadour et
collecte un butin considérable en organisant des concert qui mobilisent tous ses amis du show-bizz (le gratin de la musique lui lèche les pieds pour des raisons obscures). Il met par la suite en
pratique ses idées ecolo-gaucho en fondant la "Wilie biodiesel company" qui fait la promotion du biocarburant produit par ses deux usines.
Businessman éclairé, il est également partie prenante d'une chaine de restaus "Texas Roadhouse" dans lesquels on trouve un pan de mur entier dédié a la star, le "willie's corner". Pour y avoir
mangé avec ma soeur fanfreluche et mon papa, y'a pas à tortiller, c'est de la bonne bidoche bien juteuse qui z'y servent.
Enfin, il expose ses idées en soutenant des candidatures démocrates, ou en envoyant aux républicains texans des caisses de whisky afin qu'il repensent calmement a l'amendement qu'ils s'apprêtent a
faire passer.
Rien que ça, ça devrait l'conduire direct sur la black list des républicains, mais non seulement il n'en est rien, mais en plus y'a pire.
Et oui, Willie est un drogué notoire, mais contrairement a ses amis du show-bizz, et de façon cohérente avec son style "retour a la terre", il utilise des produits naturels.
Dans les années 90, le bus de sa tournée se fait arrêter, et les flics en ressortent avec un
kilo de marijuana
et 200 grs de champignons hallucinogènes. Et là c'est le drame, levée de bouclier et hop tout le monde est au créneau pour ... libérer Willie.
Une chanson "free Willie" fait un carton, et on se délecte d'écouter le chanteur expliquer a qui veut l'entendre, qu'il est assez grand pour faire ses cigarettes et que ça n'a rien d'immoral.
D'ailleurs, en tant que membre influent de
l'organisation nationale pour la reforme des lois sur la majiruana, il ne fait que militer.
Bref, il s'en sort sous les bravos, et en profite pour faire un album reggae pour le moins ... personnel.
Dans la foulée, il révèle dans un show en prime time, qu'il a fumé son meilleur pétard sur le toit de la maison blanche pendant une visite à Jimmy Carter.
Malgré tout ce foutraque et des engagements quasi communiste, Willie bénéficie du soutien sans faille de 99% des ricains(le 1% restant étant l'administration qui a essayé sans succès de le mettre
sur la paille en réclamant des arriérés d'impôts de plusieurs millions, mais là encore, la mobilisation générale et la sortie d'un double, album le sortent de la merde en un temps record).
Ce type est une énigme, mais moi je l'aime bien, et comme beaucoup, je le considère comme un
président potentiel idéal.
Faudrait quand même qu'il arrête un truc, c'est la chanson, parce que vraiment, la country, ça pue du cul.
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