Bon, en fidèles lecteurs que vous êtes, vous vous souvenez de
Toby Keith, right ?
J'vous refait pas l'topo, z'avez qu'à lire, et puis, ça vous donnera l'occasion de (re)écouter "I love this bar", tube hilarant, entraînant, voire envoûtant (pas vrai grandeb ?).
Si je reparle de cette baudruche aujourd'hui, c'est que sous des airs de débile léger au look ... euh ... ben voyez quoi, oui, sous ses airs pathetico-rigolo, ce cowboy de mes deux est quand même
multi-millionnaire, et que, ça doit cacher quelque chose.
Eh ben c'est pas joli joli.
Si vous avez mieux que de la merde entre les oreilles, la chanson jointe à cet article va rapidement vous coller une gerbe de tous les diables. Poncif musical sirupeux et martial, geignard et
viril, "
American soldier" est un succès énorme et une soupe mélodique indigeste.
Si en plus vous comprenez l'anglais, il vous faudra certainement un lavage d'estomac avant la fin de cette torture auditive.
Voyez-vous, en temps de paix, cette chanson n'aurait été rien de plus qu'un coup marketing visant les instincts patriotiques de mes concitoyens et par là même, leur portefeuille. Mais en ces
temps de guerre ou chaque famille américaine a l'un des siens sur un front ou l'autre, l'exploitation mercantile de "l'american soldier" est tout bonnement révoltante.
Certes, Toby se justifie en y allant chanter (au front), mais bon ... Les dividendes colossaux perçus sur la vente du disque vont pas dans les poches des soldats ou de leur famille, mais dans
celles bien grasses de toby et de la chaîne de l'industrie discographique.
La romantisation de la guerre, le refus d'y voir une pure boucherie dégoûtante, est un phénomène étrange. Grâce à Toby et à de nombreux autres médias, les américains pensent à la guerre comme à
un concept et non comme à une réalité.
Cette avalanche de bons sentiments pépères désincarnent la guerre pour l'habiller d'une sainte grandiloquence toute neuneu.
Pour avoir parlé à quelques vétérans revenus d'irak, le conflit n'a que peu de rapport avec la chemise de Toby, c'est sale, dégueulasse et ça pue la mort, alors la peindre au public américain à
grands coups de ballades country sirupo-romantico-virile, c'est carrément odieux. Toby participe à promouvoir une guerre inique en la propulsant "mission divine", je le préférais promoteur de
bistrots.
Enfin bon, la désinformation, la propagande, et la moutonnerie stupide avec laquelle elles sont acceptées, je commence a m'y faire, mais avouez que ça donne une bien piètre image de ce qui est
censé être une démocratie modèle.
Commentaires