The golden triangle (part I : Foxy lady)

Publié le par kikikentucky

"Girls, Girls, Girls"
Ce simple mot s'affichant au fronton du "Foxy Lady" contenait a lui seul une promesse que le delabrement exterieur du hangar jaune qui supportait l'enseigne ne suffisait pas a corrompre. Sa repetition se prolongeait dans l'esprit des visiteurs, assoifes de reves et de danse exotique, tel un mantra hypnotique ou une chanson de pop allemande.

La grosse morue qui prelevait le droit d'entree et filtrait les ivrognes n'a meme pas refroidi mon ardeur, je lui tendis mon billet de 5$ l'esprit ailleurs, precedant mes pas dans la douce chaleur moite du bar a putes prestigieux etablissement.

les vibrations qui parcouraient mes jambes ne pouvaient pas etre dues a la stereo poussive qui crachottait un vieux tube de Diana Ross, ca devait etre autre chose. Mes yeux se tournerent alors vers le podium central pour y decouvrir une armoire a glace d'1m90 pour 140 kilos dont 30 dans chaque sein gloussant stupidement en tentant vainement d'arracher son string a la masse graisseuse qui l'emprisonnait sous les sifflets goguenards d'un public epars et hetroclite.
En etat de choc, je zigzaguai vers le bar qui me semblait etre un point d'attache famillier.
Une fois ma draft bud commandee, je consentis prudement a me tourner pour jeter un oeil detache et serein vers l'attraction obese. Peine perdue, mon champs de vision etait totalement occupe par Deborah, 26 ans, deux enfants, originaire du new-jersey et que je devais appeler Gill car c'etait son nom d'artiste.
-C'est bizarre comme endroit non ?, lui soufflai-je en glissant un regard furtif vers la baleine qui etait desormais totalement nue.
Elle rit mecaniquement en posant sa main sur ma cuisse et repondit :
-C'est Britney, si tu regardes bien toutes les filles sont differentes, il en faut pour tout les gouts et Britney gagne beaucoup d'argent. Puis elle se retourna pour effectuer les quelques pas qui la separaient du tabouret voisin du mien.
L'occasion pour moi de detailler son joli petit cul allure generale qui, bien qu'ecornee par un ensemble resille d'un gout douteux, temoignait d'une certaine fermete plastique et d'une assurance toute feminine, l'odeur acre et puissante de son fond de teint seule trahissait une fragilite d'ame que le poete en moi perca a jour.
-C'est ca, je vais la percer a jour, la perforer, la composter ... reprit illico l'obsede qui m'habite.
-Arrete, repondit le poete, tu me degoutes sale porc, c'est un etre humain plein de contradictions et de doutes, comme toi.
-Mon cul, c'est toi le doute, elle est la pour prendre ton pognon, alors t'as qu'a lui prendre les fesses et pi che toute.
-Mais tu l'as pas entendue ? elle a deux enfants comme toi, c'est peut etre ton ame soeur.
-C'est une pute, elle sent le stupre et pour 100$ elle s'assoit sur ton visage dans une private room.

D'un violent coup de poing sur le comptoir, je calmai ma schizophrenie et fis taire les voix de dedans mon crane.
Le teint subitement pale et decompose de mon hotesse m'alarma soudain, j'avais encore deconne.
-C'est 30$ pour me payer un verre et  60$ pour une danse privee, recitat-elle d'une voix etreinte par l'angoisse.
-Qu'est-ce-que je disais ?, triomphait l'hemisphere porcin de mon cerveau tandis que deux videurs m'empoignaient vigoureusement les avant bras pour me trainer sans menagement vers la sortie.

Mon trajet fut court et je n'eus guere le temps d'emmagasiner les quelques details qui auraient pu agrementer ce billet d'un tant soit peu d'esprit journalistique. Mais ne vous inquietez pas, j'en ai encore deux a visiter et d'ici la je me serai repris en main, c'est sur.

-Des sales putes j'te dis Ta gueule pervers !


Publié dans Arts et cultures

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Fabris 02/10/2006 21:00

Quelqu'un a donné du blé aux videurs pour te faire déguerpir, tu es poursuivi Cheval ! Ta belle famille ??

grandébile 01/10/2006 23:19

Là où tu as merdé c'est que pour s'amuser vraiment dans ce genre d'endroits il faut boire beaucoup plus.