
Ca n'a rien à voir, mais j'm'en fous.
J'allais vous écrire un bel article sur le travail et la productivité ricaine, mais avouez qu'ca sonne chiant, alors à la place, j'vais continuer d'me foutre de la gueule à
Dylan, sans même me fatiguer à le mentionner plus avant, juste en projetant une gigantesque ombre sur tout ce que
cet escroc a pu écrire.
C'est grandeb qui, il y a quelques milliards d'années, ma fait découvrir Melody Nelson, et depuis, ce concept album, et plus particulièrement la chanson que je partage avec vous aujourd'hui, ne
m'a jamais quitté.
Si je vous en parle, c'est que je viens de découvrir qu'Averty avait mis l'album complet en images, certes, c'est pas un chef d'oeuvre de réalisation, mais ça me permet de vous balancer une vidéo
que vous visionnerez plus sûrement qu'un simple MP3.
Comme d'innombrables chef d'oeuvre, "Melody Nelson" est né en 1971, oeuvre à part dans la discographie gainsbourienne, c'est l'achèvement ultime d'un maître des mots et de la musique. Narrant la
tragique histoire d'amour d'un quadra blasé, désabusé, pour une lolita pétillante, cet album est conçu pour s'écouter comme une histoire. Son échec commercial a été très mal vécu par Gainsbourg
qui savait que ce disque représentait le "pic" de sa carrière.
Depuis, Melody est devenue une influence majeure pour de nombreux artistes
Quand je parlais de précision dans l'écriture, on est en plein dedans, le texte est ciselé au delà de l'entendement, rien à enlever à rajouter ou à modifier, c'est juste parfait, il suffit d'être
attentif. Le disque fourmille de trouvailles et de figures de styles qui toutes se mettent au service de la narration, tout s'emboîte parfaitement, tout parait simple et fluide, alors que
j'imagine a peine la somme colossale de travail qu'il a fallu pour aboutir a cet ovni musical.
La musique quand a elle est juste incroyable, hors du temps, et elle aussi, est entièrement au service de l'histoire.
L'habituel trio batterie / basse / guitare se feutre pour l'occasion, laissant à Gainsbourg le soin d'entraîner l'auditeur dans son romantisme noir, mais attention, ce son feutré ne fait que
mettre en avant une incroyable composition, qui en harmonie totale avec le texte ne fera que vous immerger un peu plus en Melody Nelson. Chacun tient son rôle, la batterie métronome, avec un jeu
d'une subtile intensité qui préfigure le son "jungle" vous tiendra bien assis, dans le siège arrière de la rolls, la basse,d'abord indolente et hypnotique, est le coeur du narrateur et vous fera
vibrer au rythme de la tragédie. La guitare enfin, comme venue d'ailleurs, ponctue le récit de riffs hallucinant, tous en parfait accord avec le fil du texte.
Mais il y a mieux, il y a l'orchestration de Jean-Claude Vannier.
Les cordes sont la moelle épinière de l'oeuvre. Ce sont elles qui vous attrapent directement par la colonne vertébrale, qui vous retournent comme une crêpe, qui abattent vos dernières défenses et
vous rendent amoureux, vous aussi, de Melody, Melody Nelson.
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