Boozin' my booze in my boozy belly

Publié le par kikikentucky

biere.gifC'est à boire à boire à boire-euh,
c'est à boire qu'il nous faut oh-oh-oh-oooohhhh.
Bon, vous connaissez la chanson, bien typique franchouillarde.

Ici, à boire, ça suffit pas. Ben non, ici, oubliez l'idée de trouver un p'tit bar reculé avec rien d'autre qu'une cible a fléchettes, un juke-box qui marche pas, et une tripotée de gugusses fatigués qui se ressourcent dans leur demi.
Aux States, mes amis, le mot d'ordre c'est FUN FUN FUN.
Un bar qui ne proposerait rien de plus qu'un choix de spiritueux et une serveuse ménopausée est a ce point voué a l'échec qu'on imagine même pas que ça puisse exister.
Ici, mes amis, les bars c'est de l'entertainment-business et si vous n'aspirez a rien d'autre qu'a un peu de calme en dégustant votre bière, buvez dans vos chiottes.
Puis de toutes façons, ici, vous dégustez pas votre bière, ni votre whisky, ni rien d'autre. Vous avalez, vite et beaucoup, parce qu'ici on boit pas parce que c'est bon, on boit pour se saouler. Ou alors, on boit pas du tout. C'est en partie du au fait qu'effectivement, l'alcool made in US est pas très bon, mais pas seulement.
Par exemple, le cognac Hennessy est très a la mode auprès de la jeunesse "rap", mais on le noie dans le Pepsi, parce que sans Pepsi c'est "dégueulasse".
Pas le temps d'apprendre a savourer les bonnes choses, et même un bon vin fait pale figure puisqu'il lui manquera fatalement le bon pain et le bon fromage.
Bref, face a l'alcool, les ricains sont égaux a eux même, dans l'excès. C'est tout ou rien, pas de demie mesure.
Donc, disais-je, pour les bars, c'est pareil, et je vous propose afin d'illustrer mon propos, une petite visite virtuelle des quelques bars que j'ai eu l'occasion d'honorer de ma présence jusqu'à maintenant.

Le Granville Inn : C'est un vestige historique situé au cœur du vieux Louisville. C'est le bar se rapprochant le plus d'un bar "à la française" que j'ai pu trouver.
Repère des étudiants de la toute proche UofL, on y mange des hamburgers plus qu'honorables, que l'on pourra mouiller avec une Guiness pression.
L'atmosphère y est détendue malgré les 10 postes TV (dont un écran géant)qui diffusent 10 chaines différentes, sauf les soirs de match, ou la ferveur pour les Cardinals vous oblige a porter du rouge sous peine de passer une mauvaise soirée.
On y rencontre donc des étudiant(e)s, mais aussi, des quidams du quartier, qui profitent de la proximité pour se pinter tranquilou, a l'abri d'un DUI, souvent fatal au permis de conduire.
A noter tout de même, la présence envahissante des postes télé, m'a permis d'assister a mes premiers matchs de football, de base-ball, mes premiers championnats de fléchettes, de bowling, de poker, mais aussi mon premier bellyflop contest...

Le Magnolia (Magbar), est l'équivalent ricain de "l'alibi" (pour les pochtrons parisiens qui connaissent), c'est le bar "branché" dans lequel se retrouve la jeunesse "bobo-intello" des environs. Enfin bon, faut transposer, la jeunesse en question est bardée de tatouages et percings, arbore un look artistique douteux, et fait des études en criminologie (CSI Impact). Bien que me fondant difficilement dans le décor, mon accent et mon air vaguement européen me valent l'amitié immédiate de bon nombre de punkettes psychologiquement peu stables et passablement repoussantes (à de rares exceptions près).

Le Dejà-vu n'est pas à proprement parler un bar, c'est en fait un strip-club, situé au bout de ma rue et dont je vous ai déjà parler. Cependant, il est astucieusement doté d'une excroissance spiritueuse dans laquelle on peut siroter une bibine au prix normal, sans avoir à raquer outre mesure vu que le bar ne propose pas de "show". Enfin, officiellement, parce que c'est quand même le seul endroit que je connaisse ou l'on ait une chance d'assister a une cat fight entre danseuses nues et avinées pour le prix dérisoire d'une Bud lite. L'atmosphère y est franchement comique et sociologiquement très intéressante, cependant, depuis que la loi interdisant de fumer dans les bars est appliquée, je n'y vais plus. Avant ça sentait la clope, maintenant ça sent le cul sale et les pieds cuits ...

L'electric Cowboy est a réserver aux soirees entre mâles. On quitte le concept de bar pour entrer dans celui de club bien que la bière y soit vendue moins de 3$. Certes, le droit d'entrée est de 4$ pour les hommes, mais ça vaut l'coup, surtout le jeudi. Ce soir là, l'alcool est quasi gratuit pour ces demoiselles, ce qui permet au staff d'organiser avec succès les "girls' games" du jeudi. Traditionnellement, il s'agit d'un concours de strings. Enfin de strings ... en fait les strings en question, on s'en balance un peu, l'intérêt réside DANS le string, puisqu'il s'agit pour les bougresses intoxiquées de remuer du derche dans tous les sens en étant des plus "suggestives" (quoi que la culotte minimaliste laisse peu de place a la suggestion). Pour être franc, c'est un concours de culs, et il est pris très sérieusement par le troupeau d'étudiantes participant puisqu'il permet a la vainqueuse d'empocher 200$, au même titre que les combats d'oreillers d'ailleurs (sur ring et toujours en string, je vous assure que ça vaut le coup d'œil, surtout quand un poids lourd rencontre un poids plume). Une fois passés les girls' games, l'ambiance est loin de retomber, et ces demoiselles, gagnante et perdantes se mettent en quête du mâle reproducteur avec une frénésie inquiétante. C'est l'heure de s'accrocher a sa bière et de rester groupes, la chasse étant sans pitié.

Enfin, pour la bonne bouche, conclurai-je par le pub St Andrews, qui n'a d'irlandais que le nom et la déco. Bar typique du sud profond, c'est celui dans lequel j'échoue ma barque le plus souvent. Doté d'un juke-box si bien garni qu'il me laisse perplexe quelques heures, d'une petite scène sympa sur laquelle s'expriment quelques groupes de heavy metal locaux et de tables de billard qui appellent a la contemplation, ce petit pub attire tout ce que Louisville compte d'authentique cul terreux. Bikers, metal-fans et rednecks constituent l'essentiel de la clientèle. Et sous l'effet de l'alcool, la musique est rapidement couverte par des rires gras, et des éclats de voix magnifiques. Pour ne rien gâcher, la population féminine y est étonnamment séduisante. Rendez-vous des "petits culs gros nibards" en jean ultra moulant, on est loin de l'euphorie oppressante de l'electric cowboy, et c'est bel et bien tout les charmes de la tante Sam qui se dévoilent dans ce petit troquet type "sud profond" Vous vous souvenez de la cousine Daisy dans "Shérif fais moi peur" ? Ben c'est au Saint Andrews qu'elle buvait une Bud lite entre deux tournages. C'est simple, c'est blindé, de Daisy. Puis elles jouent au billard les Daisy. Et meme elles jouent contre des p'tits frenchies.

J'espère que ce rapide panorama vous aura donner envie de passer me voir, bon je vous laisse, Une Daisy doit m'attendre au billard.

Publié dans Vie pratique

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kikikentucky 27/09/2007 16:04

On s'retrouve direct a l'Electric cowboy alors ....

mallow 24/09/2007 13:25

Mon esprit de journaliste d'investigation me pousse a accepté ton invitation. J'ai pris un billet pour dans 15 jours !! :p

kikikentucky 23/09/2007 04:11

Ouais, j'ai vu ça, après la branlée que nous a mise l'Argentine, ça fait du bien.
C'est mon pater qu'a du être bien content, devrait avoir mal aux cheveux aussi mais il s'en fout, il en a plus :)

lodee des bois 23/09/2007 00:01

Le mal aux cheveux aujourd'hui était assez fréquent : La france a gagné contre l'irlande au rugby... On a tous fêté ça... :-)

kikikentucky 22/09/2007 22:47

Elodie ouais, le belly flop est déjà présent dans l'article "drive-thru my ass" que tu n'as pas lu ... c'était un piège.
Un équivalent du Carolus j'ai pas encore trouvé, mais ce billet va s'étoffer
Syl mal aux cheveux ?